Le Prieur Clunisien de Lavoûte-Chilhac

10/05/2017
Le Prieur Clunisien de Lavoûte-Chilhac

Le Prieuré Clunisien
Modifié à plusieurs reprises, une grande partie des bâtiments visible actuellement date de la fin du XVIIIème siècle. Les bâtiments s'insèrent dans les fortifications de la fin du Moyen Age. Ils sont disposés autour de l'église prieurale et d'une cour intérieure.

Histoire du Prieuré
A une époque, l'influence du prieuré était conséquente puisque son pouvoir s'étendait sur treize prieurés situés dans la vallée de l'Allier, et sur la Margeride, et quarante églises.

Le seigneur de La Volte, le Prieur détenait alors les justices hautes, moyenne et basse. Mais, à la fin du XIIIème siècle, les Mercoeur revendiquent la garde et les droits de justice à Lavoûte, et les religieux sont obligés de partager le pouvoir.
Vers le milieu du XIVème siècle, les remparts sont réparés et les nouvelles habitations sont construites. Ces nouvelles défenses ont été nécessaires, puisque la fin de ce siècle est marquée par la menace que font peser les bandes de routiers.
Les bâtiments du Prieuré sont déclarés ruinés en 1406, et il ne reste alors plus que onze moines. Le XVème siècle est marqué par une intense campagne de reconstruction du prieuré et du bourg qui est doté alors de nouvelles fortifications.

En 1496, la découverte par deux jeunes enfants d'une petite vierge en miniature sur les rives de l'Allier influencera fortement le devenir du prieuré qui se transforme en prieuré marial, et devient l'objet d'un pèlerinage local.
A partir du XVIème siècle, le prieuré connaît une longue période de relâchement. Seule la réforme dite de « l'Etroite Observance » qui prône un retour à la tradition, introduite en 1669-1671, permet de restaurer la discipline, et d'entretenir les bâtiments.
Mais, à la veille de la Révolution ne vivent à Lavoûte que cinq religieux qui seront dispersés lors de la vente du prieuré comme Biens Nationaux. Lavoûte devient alors une commune et une paroisse distinctes, possédant l'un des territoires le plus exigu de tout le département.

Aujourd'hui, il ne reste rien de l'ancien prieuré fondé par Odilon de Mercoeur. Modifiée à plusieurs reprises, la plus grande partie des bâtiments visible, date de la fin du XVIIIème siècle.
Cette reconstruction est l'œuvre des derniers prieurs, désireux de remettre en état des bâtiments anciens et vétustes. Pour mettre à bien leurs projets, ils font appel à l'architecte clermontois Antoine Deval, auteur d'un projet grandiose qui ne sera jamais achevé.
Les travaux commencent vers 1779 comme le prouve la date inscrite sur les fours construits dans le sous-sol de l'aile sud. Stoppé à la veille de la Révolution, l'état d'avancement des travaux est très inégal.
Si l'aile sud est complètement achevée, la seconde partie de la cour en fer à cheval, côté Allier, n'est pas mis en chantier. Il en est de même du double escalier qui, à partir de la cour intérieure donnait accès à l'église, et de l'aménagement intérieur des locaux situés en étage dans l'aile nord.
La façade principale de plan semi-circulaire semble répondre à la courbe naturelle de la rivière Allier.
Le traitement est identique à l'aile méridionale. Le décor est sobre.
Le projet initial prévoyait une vaste cour de forme ovale, et un accès aux bâtiments conventuels par un escalier à quatre volées. Aujourd'hui, seul existe au centre de la façade, un passage en plein-cintre permettant d'accéder à la cour intérieure.
Les nouveaux bâtiments du prieuré s'insèrent dans les fortifications de la fin du Moyen Age. Ils sont disposés autour de l'église prieurale, l'église Ste Croix, et de cette cour intérieure.